Galeristes, l’art de la convivialité

Pour sa troisième édition ce week-end au Carreau du Temple, GALERISTES, salon imaginé par et pour des collectionneurs confirme sa place de foire d’art contemporain conviviale et accessible.

vue-de-galeristes.jpg
vue générale de GALERISTES

Galeriste, salon à taille humaine, privilégie l’échange avec les galeristes et les artistes, une convivialité renforcée par le parti pris scénographique.

Bouleversant les codes classiques des foires des stands «white cubes » fermés, GALERISTES invite à la déambulation dans un espace ouvert habillé de structures métalliques rappelant les réserves des musées. Les tiroirs et les racks à tableaux regorgent de surprises, ils poussent et incitent le visiteur à la curiosité et à l’échange. La trentaine de galeristes attachés à la notion de passeurs de leur métier présente la création vivante dans toute sa diversité.

Quelques pépites se révèlent au cours de cette promenade artistique. La galerie Provost Hacker présente un céramiste Davide Monaldi qui reproduit des objets simples et délicats comme ces copeaux de taille de crayons de couleurs, un tas d’élastiques… Elle propose également les peintures hyper réalistes d’Adrien Belgrand aux allures de photographies. Dans le même esprit, Katarzyna Wiesiotek (galerie Eric Dupont), jeune étudiante aux Beaux Arts de Paris propose des portraits réalisés à la poudre de fusain, des reproductions de photographies plus vraies que nature. Les ombres sont douces et délicates. Le grain de la peau sublimé par cette poudre.

La galerie Sator présente une belle sélection d’œuvres de Raphaël Denis. En 2015, l’artiste commence un travail autour des tableaux spoliés et d’œuvres détruites par les nazis. Il proposait alors des cadres brûlés sur lesquels « résistait » le nom des œuvres détruites.  Il le décline autour des autodafés et présente aujourd’hui une bibliothèque brûlée, une œuvre sombre mais dont la beauté plastique est étonnante. Poursuivant son sujet autour des guerres, il montre également des mini bunkers, témoins de guerre, qui s’effondrent, des haches de guerres cassées et enterrées… Le tout présenté dans une scénographie remarquable.

Raphaël Denis - courtesy Galerie Sator
Raphaël Denis – courtesy Galerie Sator

Le plus spectaculaire est proposé par la galerie Eric Mouchet qui présente un duo show avec deux artistes émergents. Samir Mougas propose une série de sculptures et de sérigraphies sur matériaux de piscine. Les sculptures sont des éléments de piscine bleue découpée rehaussées de pièces noires, des réservoirs d’essence d’engins motorisés. Cette série évoque les problématiques de surconsommation d’eau et d’énergie fossile. L’autre artiste quant à elle, Capucine Vever ,s’intéresse à la mobilité du pôle magnétique. Elle tente ainsi de redonner consistance à ce territoire invisible défini par le déplacement de pôle magnétique. Les œuvres sont réalisées avec des pièces d’acier magnétiques agrégées en forme d’aiguille géante comme des pendules. Autre œuvre monumentale, cette énorme boule de paille de fer qui symbolise les roses de Jéricho, ces plantes du désert qui passent la longue saison sèche sous la forme d’un buisson desséché qui reverdit au contact de l’eau. La légende dit qu’elles se détachent et se laissent balloter par les vents jusqu’à trouver un terrain propice pour replanter ses racines au contact de l’eau.

GALERISTES

30 nov – 2 déc 2018

Le Carreau du Temple

4 rue Eugène Spuller

75003 Paris

Publicités