Still, une exposition dans la quiétude des Lumières nordiques au MuMa-Le Havre

Trine-Sondergaard_Guldnakke4
Trine-Sondergaard_Guldnakke 4

L’exposition Still de Trine Søndergaard est le dernier volet de Lumières Nordiques, un parcours photographique qui s’est déployé en Normandie et conçu comme une invitation à la découverte de la photographie nordique (Finlande, Islande, Suède, Norvège, Danemark).
Ce parcours, qui a débuté au printemps dernier, se termine au Musée d’art moderne André Malraux – Le Havre. Le MuMa réunit deux séries photographiques de Trine Søndergaard : Interior (2008-2012) et Guldnakke (2012-2013). Cet ensemble d’une trentaine de pièces résonnent avec un tableau du peintre danois Wilhelm Hammershøi dont l’œuvre a fortement inspiré le travail de cette photographe danoise.

L’exposition débute précisément par une œuvre de Hammershøi , Intérieur, Strandgade, 30 (1904) prêtée par le musée d’Orsay. Artiste redécouvert dans les années 1990, Wilhelm Hammershøi peignait des tableaux d’intérieurs énigmatiques représentant des pièces souvent vides, parfois habitées par des personnages féminins souvent vus de dos, tournés vers des murs clairs et nus, qui semblent perdus dans une profonde réflexion. Réalisés dans une gamme de tons de gris, de brun très restreinte ou de blanc, ses paysages intérieurs baignent dans une atmosphère étrange, irréelle, dénuée de toute action ou d’anecdote.

Trine Søndergaard aime les liens entre art ancien et art contemporain, entre peinture et photographie. Dans sa série photographique Interior, elle reprend le même protocole que celui d’Hammershøi. Elle a réalisé des prises de vue dans des pièces de manoirs danois inhabités. Des espaces aux géométries rigoureuses animées par des enfilades de pièces, de portes, de fenêtres, seulement habités par les ombres et une lumière extérieure naturelle, mais dans lesquels semblent persister l’ombre de leurs anciens propriétaires. Les teintes et les lignes n’ont aucune fantaisie et nous plongent dans un univers très luthérien où règne encore une atmosphère étrange.

L’effet d’étrangeté est renforcé par un face à face, au sens littéral du terme, de ces paysages intérieurs avec une série de portraits de femme de dos, encore une référence à l’œuvre de Wilhelm Hammershøi. Cette série intitulée Guldnakke représente des femmes de dos en gros plan portant d’anciennes coiffes danoises brodées aux fils d’or ou d’argent. Ces coiffes étaient portées au milieu du XIXe siècle par les femmes de riches fermiers. Elles constituaient une marque d’appartenance à une classe sociale.
Inspirés par les grands portraitistes flamands, ces portraits sur un fond brun sont toutefois inversés. Ces femmes donnent à voir, avec une coiffe brodée, la personnalité d’un personnage d’un autre temps. Elles sont toutes empreintes d’une certaine nostalgie, d’un abandon, d’une solitude. Des femmes, plutôt jeunes, qui regardent toutes vers le bas comme triste. Bien sûr ces coiffes richement décorées tranchent avec l’apparente neutralité et monochromie de ces intérieurs austères auxquels elles font face. Cette nostalgie d’un passé figé est perturbée par les tenues des femmes qui portent des vêtements ou des parures de notre époque.

Trine Søndergaard joue avec une grande maîtrise des antagonismes. Renforçant la rigueur et l’austérité de ces espaces avec ses cadrages et de grands formats carrés, elle s’efforce d’adoucir son sujet avec des lumières naturelles, une mise en scène et un grain à ses images qui apporte un velouté à tous ces paysages intérieurs.

Vilhelm-Hammershoi
Vilhelm-Hammershoi

Le titre Still fait référence au calme, la tranquillité, la quiétude. Ces deux séries évoquent chacune de leur coté cette impression, ensemble, mêlées elles racontent une histoire plus complexe. Le temps semble s’être effectivement arrêté, les pièces sont vides, et pourtant les portes ouvertes nous entrainent tranquillement vers une histoire en train de s’écrire devant nous et que l’on peut imaginer comme un hommage à un passé glorieux. En face, ces femmes semblent tourner le dos à cette austérité et reprendre le fil (doré) de leur vie. Des fantômes qui auraient occupés ces lieux, libérés, échappés d’un carcan d’une société rigide symbolisés par ses coiffes réalisées par d’habiles couturières qui furent les premiers exemples de femmes indépendantes qui, par leur travail, ont su subvenir aux besoins de leur famille.
Trine Søndergaard nous invite ainsi, en toute quiétude, à tisser les histoires que nos paysages intérieurs peuvent imaginer dans un face à face avec nous même.

Commissariat Gabriel Bauret

Trine Søndergaard  – Still

du 13 octobre 2018 au 27 janvier 2019

 

INFORMATIONS PRATIQUES

MuMa

Musée d’art moderne André Malraux – Le Havre

2 boulevard Clémenceau

76600 Le Havre

http://www.muma-lehavre.fr

Lois Weinberger dévoile l’envers du décor de son enfance au Frac Franche-Comté

Lois-Weinberger_-Sans-titre
Lois-Weinberger – Sans-titre

Le Frac Franche-Comté propose une exposition aux airs de rétrospective et dévoile le travail d’un artiste jardinier, archéologue et poète.

Pour Lois Weinberger, il n’y a pas de hiérarchie. Les plantes rudérales, celles qui poussent dans les espaces en friche, ont autant d’importance que celles que l’homme tente de domestiquer, de sélectionner, de hiérarchiser.  Il compare le monde végétal avec le monde des humains et s’attache à glorifier les laissés pour compte. Il se définit comme un homme de terrain et aime jouer avec l’environnement, les espaces naturels.

Lois-Weinberger_ce-qui-est-au-dela-des-plantes-en-fait-partie-documenta-X
Lois-Weinberger_ce qui est au dela des plantes en fait partie -documenta X

Epris de liberté, poète, fasciné par l’étymologie et les choses cachées, il lui importe de créer les conditions de germination de tous les possibles qui peuvent prendre différentes formes : peintures, vidéos, installations, jardins, interventions dans l’espace public…

Dans la première salle, les médiums sont variés. Peintures, sculptures et photographies se côtoient et montrent toute la diversité et la liberté de Lois Weinberger. Une série de photographies immortalise une performance, réalisée non loin de la ferme parentale autrichienne. Dans celle-ci Lois Weinberger accrochait des sacs plastiques aux branches des arbres. Il s’agit d’une célébration inspirée par les arbres qui bordaient la rivière Inn qui étaient régulièrement recouverts de sacs et d’objets plastiques après les crues. Un peu plus loin une œuvre textuelle prend  la forme d’une forêt de panneaux recouverts de mots que l’artiste associe ou dissocie en s’amusant avec leurs sonorités, leurs sens et leurs étymologies. Toujours avec les mots, l’artiste crée un immense paysage topographique. Le territoire choisi est en fait déserté, vidé de sa population. Lois Weinberger a décidé de combler ce vide par des mots lus par sa femme. Des passages littéraires choisis de façon aléatoire qu’il sème dans les lignes topographiques du paysage. En face, un mur semble saigner. Des tâches rouges sont peintes sur le mur et reprennent, en version démesurée, les traces laissées par un coléoptère xylophage dans l’écorce d’un arbre. Reprenant ce motif, il crée sur le mur un archipel d’un univers habituellement invisible. C’est une composition inspirée par les chemins. Lois Weinberger, originaire d’un lieu de pèlerinage, aime le concept du chemin et mettre en parallèle le monde végétal , animal et bien sûr humain. Pour lui, une grande partie de son travail est une construction poétique. Il considère que son travail est libre lorsqu’il le réalise et donc, par nature, libre d’interprétation.

Il joue ainsi avec les éléments comme avec les mots en créant des composites, des formes hybrides ethno-poétiques.

Dans une autre salle, un sol desséché, craquelé laisse apparaitre dans ses craquelures des sacs plastiques, restes d’un non-lieu tel que défini par Marc Augé ; un espace interchangeable où l’être humain reste anonyme. Il s’agit par exemple des moyens de transport, des grandes chaînes hôtelières, des supermarchés… mais aussi des camps de réfugiés. Ici, cet espace en serait la trace, la représentation après l’anthropocène.

La salle suivante est toute entière consacrée à une installation géante, intitulée le champ des décombres, qui nous transporte dans le lieu d’enfance de Lois Weinberger. L’installation ressemble à un musée archéologique qui présente en fait les restes du sous sol du plancher de la ferme familiale, la ferme d’un monastère, lieu de pèlerinage important dans cette région de l’Autriche. Une archéologie impressionnante de ce lieu de vie agricole et de vie monastique où se mélangent objets de ferme et ceux laissés par les pèlerins.

La plupart des objets sont apotropaïques (censés prémunir contre le malheur) ou des offrandes à caractère religieux (ex voto), on y trouve même la momie d’un chat. Le titre de l’exposition prend ici tout son sens « l’envers du paysage ». Du paysage sensé représenter une ferme et un lieu de dévotion, sa face cachée prend tout à coup des allures de temple voué au paganisme.

Pour anecdote, lorsque quelqu’un mourrait on gardait une chaussure en mémoire du mort. La croyance locale voulait que s’il on gardait les deux chaussures le mort pouvait revenir. Lois Weinberger s’intéresse à l’histoire de ces objets et tente de comprendre leur fonction, d’ailleurs ces incroyables fouilles sont aussi l’objet d’études et de recherches de la part de spécialistes et scientifiques.  Chez Lois Weinberger, les sous-sols sont des lieux invisibles qui recèlent une charge historique et culturelle ainsi que des graines en sommeil. Ce sont des espaces créateurs de tous les possibles et cette installation est le jardin d’un imaginaire que chaque visiteur peut inventer.

Lois Weiberger rappelle que la vie est mouvement et diversité, entropie et transformation et qu’aucune société ne saurait survivre dans l’immobilisme, le protectionnisme ou l’exaltation de la pureté. Son œuvre hautement métaphorique et poétique nous invite à ne pas oublier l’envers du paysage.

Lois-Weinberger_-Wild-cube-

—————————————————————————–

Le Frac propose également une exposition d’Olivier Vadrot , Minimo

Olivier-Vadrot-devant-son-expo-minimo
Olivier Vadrot devant son exposition minimo

Cette autre exposition est consacrée au travail du designer Oliver Vadrot. Chantre du design nomade et de l’auto-construction, ces créations couvrent plusieurs champs d’intervention : lieux de conférences, de performances, kiosques à musique… Il crée des lieux et des architectures favorisant la parole et l’échange. Lorsqu’il travaille sur des projets, il apprécie le stade de la maquette qu’il considère comme une sculpture créatrice de discussion.

Ses œuvres rappellent les théâtres en bois construits en Grèce avant le IVe siècle (av. J.C.). Son œuvre fait écho au travail de Lois Weinberger, profondément démocratiques ses réalisations refusent elles aussi les hiérarchies.  L’exposition est organisée sur une table de près de 20 mètres de long sur laquelle s’étale une impressionnante collection de maquettes.

Olivier Vadrot qui avait déjà créé l’espace accueil-librairie du Frac prouve une nouvelle fois que la simplicité des formes et des matériaux requière une très grande exigence.

Lois Weinberger
L’envers du paysage

Olivier Vadrot
Minimo

Jusqu’au 30 septembre 2018

FRAC Franche-Comté
Cité des arts
2, passage des arts
25000 Besançon
www.frac-franche-comte.fr

Patrice HUCHET

 

 

Les 3 T de la nouvelle saison du FRAC Grand Large Haut de France : Tubologie, Titre de travail et Trait d’Union.

FRAC-NPdC-2018-Joe-Colombo-001
FRAC-NPdC-2018-Joe-Colombo-001

La question du travail est au cœur des expositions orchestrées par le Frac Grand Large – Hauts de France et le LAAC à Dunkerque.  Au LAAC, c’est le travail des artistes qui est mis à l’honneur, de la conception à la réalisation en passant par l’atelier. Au Frac, l’exposition « Titre de travail » interroge la place de l’humain au sein d’une entreprise, et le travail est filigrane dans  l’expo « Tubologie » où le tube est objet de production design, canal de circulation et de distribution d’énergies ou de son.

Tubologie – nos vies dans les tubes  – commissaires invités :  KVM – Ju Hyun Lee & Ludovic Burel

Le tube est partout. Objets et formes de distribution, de passage, de transit, de circulation, que ce soit un tunnel, qu’il soit digestif, distribution d’eau comme pour un radiateur, distributeur d’énergie, le tube est même un morceau de musique plébiscité, donc un son, il permet aussi la distribution d’eau source de vie et notamment ici présenté dans une serre improvisée qui fera pousser des piments et des tubercules.

L’exposition marie volontairement tous les matériaux : le métal, le minéral, le végétal, le synthétique, la lumière, le son, l’eau, l’argentique. Une volonté de montrer l’interdépendance de toutes choses et de flouter les frontières. L’exposition se décompose en différents espaces, l’un consacré au design,  un autre aux œuvres d’art, une zone est destinée aux œuvres sonores et à la photographie, et enfin deux zones sont transformées en serre et mettent le végétal en majesté.

L’exposition se veut horizontale et commence par présenter le tube à travers sa propre collection de mobilier et d’objets design dont le Frac possède une belle collection.  Cette partie questionne notamment notre rapport entre le travail et la position. Les changements liés à cowoking, au télétravail, au nomadisme remettent en question les comportements et les postures de travail. Pour élargir le dialogue et mettre en exergue ses différents liens de communication, KVM a souhaité mettre en dialogue les œuvres design et les œuvres d’art.

La partie consacrée aux œuvres d’art est plus hétérogène, tant par la qualité des œuvres présentées que par les liens plus alambiqués avec la thématique choisie. Dommage car il y a des choses remarquables comme Natural Copies from the Coal Mines of Central Utah d’Allan McCollum, Cold Storage de Matthew McCaslin, Thames Water de Nicolas Deshayes, un Julio Le Parc… On aurait souhaité en voir un peu plus. D’autant que de grands espaces sont cannibalisés par les installations dédiées aux cultures des plantes de l’exposition et qui n’apportent pas grand-chose aux visiteurs et lui fait perdre le fil de l’exposition.

La salle d’écoute joue totalement l’horizontalité proposée au départ du parcours. Un alignement de banquettes, de lits d’écoute, sont installés à l’ombre d’un mur de photographies. Plaisir des yeux et des oreilles réunis dans une seule et même invitation à la contemplation. Comme une nécessité de ralentir le mouvement en ces temps où la vitesse prime. Vitesse de l’information, des déplacements, des flux en général… En tout cas le mur de photographies est remarquable. Il présente une vingtaine d’œuvres avec des noms illustres comme Yto Barrada, Barbara Visser, Meredyth Sparks, Bruno Serralongue ou encore Henri Cartier-Bresson.

La thématique de départ était alléchante mais la cohérence de l’exposition m’a un peu échappée. Cela ne remet pas en question la qualité des acquisitions du Frac Grand Large, justement elles auraient mérité une autre proposition de la part des commissaires. Vous pouvez compléter la visite des acquisitions du Frac avec « Trait d’Union », la sélection réalisée par les jeunes de la « Maison des Enfants de la Côte d’Opale » qui nous proposent un choix et un accrochage pertinent et intéressant.

L’autre proposition du Frac Grand large «  Titre de travail » est une exposition de Robert Schlicht et Romana Schmalisch

Cette exposition présente une installation filmique combinée avec des mises en scène et transforme ainsi le Frac en lieu d’intervention professionnel. Quels sont les mécanismes et stratégies qui transforment des êtres humains qui ont leur volonté, intérêts et désirs propres en capital humain qui œuvre dans l’intérêt d’une entreprise ou d’un employeur ?

A partir des recherches effectuées dans des centres de formation et chez Pôle Emploi au sein d’écoles professionnelles, Robert Schlicht et Romana Schmalisch ont conçu un dispositif, « Labour Power Plan PPL », usine de main d’œuvre. Il s’agit d’une centrale fictive qui a comme objectif de transformer les gens en travailleurs génériques. Le film présente une réunion de travail  de managers engagés dans un jeu de rôle de restructuration de la société. Autour de la table la directeur, son assistante, le consultant qui présente ses analyses et conclusions de performance de l’institution et un peu plus loin les travailleurs génériques qui se retrouvent en compétition face aux autres. Se révèle un décalage entre la réalité et le sujet. Une prise de vue en plongée du manager avec les travailleurs en bas donne l’impression d’un marionnettiste dirigeant avec des fils invisibles, les personnes à son service.

La visite de l’exposition se poursuit avec des éléments du film dans une sorte de reconstitution de l’entreprise. Dans une vitrine sont exposés des objets qui peuvent tour à tour être des outils de production ou des objets produits. Le frac y a caché parmi les objets des œuvres de son fonds.

Tous les codes de l’entreprise sont présents avec les interrogations liées à la place de l’humain, personnels volontaires, en compétition et outil de productivité. La question du geste, de la productivité au sein d’une entreprise s’impose et prouve comment finalement une certaine forme de taylorisation existe toujours. On pense notamment à tous ces acteurs de distribution et logistique des sites de ventes en ligne. Une proposition très intéressante du Frac Grand Large sur un sujet toujours d’actualité.

Je vous invite à poursuivre votre visite dunkerquoise au LAAC avec la magnifique exposition « Enchanté », une proposition de Richard Schotte. Une réflexion sur la création artistique, le travail de l’artiste.
(voir l’article sur LAAC)

FRAC GRAND LARGE – HAUTS DE FRANCE
503 avenue des Bancs de Flandres
59140 Dunkerque
http://www.fracgrandlarge-hdf.fr

TUBOLOGIE – Nos vies dans les tubes
Commisariat : KVM – Ju Hyun Lee & Ludovic Burel
Du 21 avril au 30 décembre 2018

TITRE DE TRAVAIL
une exposition de Robert Schlicht & Romana Schmalisch
27 janvier – 26 août 2018

TRAIT D’UNION
Jusqu’au 2 septembre 2018

Au LAAC
« Enchanté »
Du 21 avril au26 août 2018
LAAC
Lieu d’Art et d’Action Contemporaine
Jardin de sculptures
302 avenue des Bordées
59140 Dunkerque
http://www.musees-dunkerque.eu

Le monde suréaliste et poétique de Sydney Sie

j5ayjmwxIYUd0G4TdQRPU-PzabslE5Nm2IWN8sk5kKW8B3QRUBRMU1XNCm2vJVOuU0ZD7qHuU2IJ-wWwF34T5f16hzI834xmlN0VXbO0qjTEtXZswbK3sZz2D5LrF5YuMoULMJwxvEol7wFh3wI=s0-d-e1-ft
©Sidney Sie

Sydney Sie est une photographe et designer graphique dont le travail joue sur les dégradés de couleurs, le surréalisme, le corps féminin et des éléments graphiques. Fidèle à son travail  déjà développé en illustration, ses compositions sont géométriques, colorées et construisent un monde ambiguë en 2D. Son approche de la photographie est créative, et utilise délibérément l’inertie du spectateur pour le faire voir au-delà des couleurs éclatantes, l’histoire qu’il y a derrière.