#Paris, Jean Michel Basquiat: L’événement arty de cette rentrée.

Boy and Dog in a Johnnypump (1981)
Boy and Dog in a Johnnypump (1981)

L’ange noir de l’art contemporain des 80’s en majesté à la Fondation Louis Vuitton qui lui consacre une exposition depuis quelques jours de plus de 120 de ses œuvres. Une rétrospective immanquable mise en parallèle avec une autre exposition d’un autre artiste d’exception Egon Schiele qui, comme Basquiat, est mort prématurément à l’âge de 28 ans.

La dernière grande exposition consacré à Jean-Michel Basquiat à Paris fut la rétrospective organisée au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris c’était fin 2010 début 2011. C’est dire si l’événement était attendu, par ceux qui ne l’ont pas encore vu et par ses aficionados. L’occasion de replonger dans sa fulgurance, son énergie mais aussi ses fêlures et retrouver son incroyable alchimie picturale et vitalité chromatique. 

De ses débuts de street-artiste dans les rues de Manhattan à ses collaborations avec le pape du Pop Art, Andy Warhol, jusqu’à ses dernières œuvres notamment Riding with Death (1988), l’exposition déployée sur les quatre niveaux de la Fondation Louis Vuitton débute par les trois grandes Têtes (datées de 81, 82, 83), réunies pour la première fois. Elle se poursuit par des petits chapitres qui permettent de mieux comprendre les éléments constitutifs de l’œuvre de Jean-Michel Basquiat, tout en suivant un parcours chronologique avec plus de cent vingt œuvres présentées, dont beaucoup inédites aux yeux du public.

L’œuvre de Jean-Michel Basquiat s’articule en cinq phases majeures. La première commence en 1976, lorsqu’il rencontre ses amis, Al Diaz et Shannon Dawson avec qui il commence à graffer dans les rues de Manhattan des messages sous le pseudo SAMO©. Elle s’achève en automne 1981, date à laquelle la galeriste Annina Nosei met à sa disposition le sous-sol de sa galerie transformé en atelier et lui permet de peindre ses premières toiles marquées par la spontanéité et la rapidité qui caractérisaient déjà ses graffitis. Influencé par les musiciens ; John Cage, par son invitation à intégrer le hasard et l’imprévisible, Charlie Parker et Miles Davis par leurs sens aigus de l’improvisation, les sonorités africaines par leur énergie et leurs rythmes et le hip-hop pour ses procédés artistiques du sampling et du scratching. Basquiat donne libre cours à toutes sortes d’associations faites de mots, de signes, de pictogrammes et de concepts qu’il intègre dans ses œuvres. Ces éléments seront constitutifs de toute son œuvre et en feront sa signature.

La deuxième phase de sa création, entre 1981 et 1982, est surtout dominée par la peinture sur toile. Boy and Dog in a Johnnypump (1982) et Untitled (1981) constituent des exemples marquants de cette période. La peinture prend une place croissante pour Basquiat sans que celui-ci interrompe pour autant le dessin, en associant sur ses toiles acrylique et pastel gras dans des couleurs de plus en plus intenses. On observe également un élargissement de son répertoire figuratif et de son corpus d’éléments symboliques. Basquiat commence alors à superposer des couches de peintures, des éléments picturaux et des mots pour les faire aussitôt disparaître. Cette alternance entre transparence et disparition détermine alors son processus de création : il repeint, intégralement ou partiellement, sur ses compositions permettant tout de même au spectateur de discerner la représentation d’origine.

Commencent alors pour Basquiat des années frénétiques avec une production d’œuvres extrêmement importante. C’est dans cette période (1982-1985) qu’il développe ce qui est la troisième phase de son travail. Sans délaisser la toile, Basquiat utilise des matières brutes comme support. Il renonce aux châssis classiques pour tendre ses toiles sur des palettes de bois ou pratique des assemblages de portes ou volets (Portrait of the Artist as a Young Derelict, 1982), donnant parfois naissance à une sorte de sculpture de toile et de bois. La forme du triptyque que Basquiat utilise dans une série de travaux de 1982 et de 1983, lui permet, par le montage de plusieurs toiles montées sur bois, d’élargir son champ pictural comme par exemple avec Horn-Players (1983). Il poursuit ainsi son « hip hop » pictural en associant les mots, les signes, les pictogrammes et les éléments picturaux les plus divers. La couronne à trois pointes apparaît fréquemment, par exemple dans Untitled (1982), parallèlement à la couronne d’épines, ces deux motifs prenant valeur d’icônes dans l’œuvre de Basquiat. Au printemps de 1983, ses œuvres atteignent leur complexité suprême, tant par leurs thèmes picturaux que par les stratégies artistiques que Basquiat associe et transforme désormais avec une infinie diversité. Les changements, reniements ou agressions physiques contre le support et contre l’œuvre sous forme de remaniement, de destruction et de recomposition relèvent de la méthode artistique de Basquiat. Celui-ci met également des mots en relief, par leur disparition même. In Italian (1983) en constituent un exemple frappant. « Je biffe les mots pour que vous les voyiez mieux. Le fait qu’ils sont à demi effacés vous donne envie de les lire. » Jean-Michel Basquiat.

Pendant cette période, l’année 1983 marque également le point de départ d’une collaboration et d’une grande amitié avec Andy Warhol. Au cours de cette quatrième phase de création qui commence intensément en 1984, il reprend d’anciens collages dont il réalise une forme de sampling à l’aide du procédé sérigraphique auquel Warhol l’a initié. Il réalise d’abord une quinzaine de travaux collectifs avec Warhol et Francesco Clemente. Suivront dans les années 1984/1985 une centaine de nouvelles œuvres en coopération avec Warhol, soit le dixième de la production picturale de Basquiat.

Les années 1986 à 1988 constituent la cinquième et dernière phase de création de cet artiste. Il élabore alors un nouveau type de représentation : ses personnages figuratifs prennent moins d’importance au profit d’un élargissement considérable de son répertoire de symboles et de contenus. Les œuvres de cette époque se caractérisent par une alternance entre un vide radical et une abondance. Ces dessins et tableaux sont entièrement couverts de papiers collés, saturés d’une profusion de détails, de signes, de pictogrammes, de mots et de phrases, dont les ramifications nous évoquent aujourd’hui les arborescences et associations sans fin du web. Basquiat crée aussi une série d’importants dessins de grand format, qui laissent transparaître la fascination de l’artiste pour la mort. Riding with Death (1988) est devenu l’icône de sa propre mort, et résonne comme une prémonition participant au mythe de cet artiste majeur de la seconde moitié du XXe siècle.

L’oeuvre de Basquiat doit son originalité et sa singularité à une forme d’appropriation du quotidien, de la rue et des encyclopédies, et de l’aléatoire. Il copie délibérément des éléments de la réalité qui l’entoure, il introduit le hasard comme stratégie artistique et transforme le matériau esthétique préexistant en esthétique personnelle. Jean-Michel Basquiat a été aussi bien un précurseur de la société du savoir que de la génération du couper-coller, anticipant ainsi l’utilisation des nouveaux médias, la société du selfie et de la mondialisation tout en explorant son identité noire.

« J’utilise le Noir comme protagoniste principal de toutes mes peintures. Les Noirs ne sont jamais portraiturés d’une manière réaliste, pas même portraiturés dans l’art moderne, et je suis heureux de le faire. » Jean Michel Basquiat 

On retrouve dans les compositions picturales de Basquiat l’intensité et l’énergie qui ont marqué sa brève existence. En l’espace de huit ans seulement, il crée une œuvre de grande ampleur, comprenant un millier de peintures et plus de deux mille dessins. Il parvient ainsi à imposer, à une époque où l’art conceptuel et l’art Minimal étaient dominants, de nouveaux éléments figuratifs et expressifs. Ses œuvres peuplées de personnages qui semblent sortis de bandes dessinées, de silhouettes squelettiques, d’objets quotidiens bizarres et de slogans poétiques frappent par leur force et par la somptuosité de leurs couleurs. Associant des motifs issus de la culture pop et de l’histoire culturelle — plus particulièrement du monde de la musique et du sport —, ainsi que des thèmes politiques et sociaux, l’injustice sociale et le racisme.

L’exposition est remarquable par la qualité des œuvres présentées et surtout leur rareté aux yeux du grand public. Elle offre une vision globale de l’ensemble du travail d’un des artistes majeurs de la seconde partie du XXe siècle.

Jean Michel Basquiat – 1960-1988

Du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019

Fondation Louis Vuitton

8, avenue du Mahatma Gandhi

Bois de Boulogne

75116 Paris

www.fondationlouisvuitton.fr

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Le rouge et le noir, le sang et la mort, une ode à la vie selon Hermann Nitsch

Hermann Nitsch et Denise Wendel-Poray
Hermann Nitsch et Denise Wendel-Poray

Hermann Nitsch, l’enfant terrible de l’art contemporain autrichien qui s’est fait connaitre dans les années 60 et 70 par des performances sanglantes et très controversées est à Paris. Il expose une trentaine d’œuvres peintes à la galerie RX.

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Né à Vienne en 1938, son enfance fut marquée par la guerre avec son lot de violence, de frappes aériennes, de privation… Des années terribles qui marqueront à jamais l’artiste et son travail. Il est cofondateur, au début des années 60, du mouvement Wiener Aktionismus (Actionnisme viennois) dont il est l’un des représentants les plus importants aux cotés d’artistes viennois comme Günter Brus, Rudolf Schwarzkogler et Otto Mühl dont on peut voir actuellement des œuvres à la galerie Eric Dupont à Paris. Il crée ses premières œuvres basées sur une variante du dripping avec une dimension performative et il jette les bases de son projet avec sa première Aktion, performance expérimentale, dans laquelle l’artiste verse du sang sur un homme enchainé en crucifixion.

C’est à cette époque qu’il développe le concept de « Théâtre des Orgies et Mystères ». Avec l’intégration de toutes les formes d’art : la peinture, l’architecture, la musique… désirant ainsi créer une œuvre d’art totale et mettre progressivement sous tension tous les sens des participants jusqu’à ce que, arrivé au point culminant, chacun prenne différemment conscience de son existence. La vision du monde de Hermann Nitsch est fortement marquée par des écrivains tels que Sade, Nietzsche, Artaud, Bataille entre autres.

Chaque Aktion fait l’objet d’un véritable travail d’écriture préalable, de dessins, de plans à l’instar d’un compositeur d’opéra. Il en crée également la partition musicale. Ces Aktions semblent reproduire une liturgie, un rituel sacré complet avec procession, communion, chants… Nitsch comme beaucoup de ses contemporains ne parvient pas à pardonner la position de l’Autriche pendant la seconde guerre mondiale. Ses « cérémonies » tentent d’exorciser ce passé et dénoncent également une société corsetée, rigide et brutale.

Parallèlement Nitsch développe une œuvre picturale importante. Avec notamment des œuvres de sang dans les années 70 et des peintures dont la couleur dominante est le rouge.

Hermann Nitsch prétend que « le rouge est la couleur la plus intense que je connaisse. Le rouge est la couleur de la vie et de la mort en même temps. Le sang est la sève de la vie. Du sang rouge, qui coule, signale une blessure, la douleur, le danger et la mort »

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L’œuvre de Nitsch se révèle donc radicale et bien entendu clivante. Le galeriste Eric Dereumaux,  convaincu du potentiel unique des œuvres picturales de Nitsch a décidé de ne présenter aujourd’hui que des tableaux qui, par eux-mêmes, représentent l’essence de l’œuvre de l’artiste. Conscient du profil polémique de l’artiste, Eric Dereumaux et Denise Wendel-Poray, la commissaire de l’exposition, ont donc décidé il n’y aurait pas d’Aktion pendant cette exposition et que les tableaux présentés offriraient un axe d’ouverture et de compréhension du travail global de l’artiste. Cette peinture n’étant bien sûr pas déconnectée de son œuvre complète et reste en lien avec les performances qui ont fait la notoriété de cet artiste. Des ouvrages consacrés à son œuvre peuvent être feuilletés dans une des salles de la galerie et permettent de voir des photographies des nombreuses performances orchestrées par Nitsch.

L’artiste global, habitué à tout maîtriser, était retissant à l’idée d’une l’exposition uniquement consacrée à la peinture. Finalement, grâce à la conviction et la persuasion d’Eric Dereumaux, il s’est laissé convaincre. La peinture d’Hermann Nitsch est physique, nerveuse. Dans sa pratique Nitsch implique le corps, ses traces de mains et de doigts dans d’épaisses couches de peinture noire ou rouge en témoignent. La forte présence du rouge sous forme d’éclaboussures et de coulures qui évoque le sang bien sûr dialogue avec des noirs profonds. Quatre toiles de sang réalisées dans les années 70 sont également présentées ainsi qu’une petite série d’œuvres sur papier de facture totalement différente dans lesquelles se mélangent peintures, gravures, et dessins.

Finalement, les aktions ne sont jamais loin avec Hermann Nitsch qui a décidé une intervention étonnante le premier jour de l’exposition. En effet, il est intervenu sur deux toiles de sang réalisées il y a quarante.  Il a modifié ces œuvres avec des pansements, des bandages et des mouchoirs en papier. C’est comme s’il avait eu besoin de se réparer en pansant sa propre œuvre. La proposition apaisée faite par Eric Dereumaux à Hermann Nitsch a eu cet effet particulier, l’artiste s’est apaisé lui-même. La violence du monde, la culpabilité face à l’histoire de son pays, qu’il dénonçait dans des performances sanglantes et violentes ont marqué sa vie et son art, à l’âge de quatre-vingts ans il a peut être enfin trouvé la paix. Une catharsis personnelle et artistique.

Hermann Nitsch

« Paintings Only »

Du 11 octobre au 24 novembre 2018

Commissaire d’exposition : Denise Wendel-Poray

Galerie RX

16, rue des Quatre Fils

75003 Paris

 

Eden numérique au Domaine de Chaumont sur Loire

IN – OUT / Paradis Artificiels 2017 de MIGUEL CHEVALIER
Musique : Jacopo Baboni Schilingi

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IN-OUT Paradis Artificiels 2017 – Miguel CHEVALIER

Miguel Chevalier revient au Domaine de Chaumont dans le cadre de la 26e édition du Festival International des Jardins. Après avoir couvert le monde d’une peau de pixels à Singapore, Shanghai, Berlin, Fès, Ibiza ou Paris notamment lors de la Art Paris Art Fair de 2014 avec  « L’Origine du Monde » projeté sur  la façade du Grand Palais, Miguel Chevalier a imaginé « IN – OUT / Paradis Artificiels » est une installation multisensorielle pour le parc du Domaine de Chaumont-sur-Loire et accompagnée par une musique générative originale de Jacopo Baboni Schilingi.
Une architecture demi-sphérique recouverte de films holographiques, s’irise au soleil, tel un scarabée géant de 12 mètres de diamètre. Selon la luminosité, cette œuvre embrasse toutes les couleurs du spectre lumineux et attire le visiteur.

Invité à pénétrer dans ce dôme géodésique, le visiteur découvre à l’intérieur d’un second dôme un jardin virtuel projeté sur les parois à 360°. L’isolation du dôme intérieur par un couloir circulaire permet l’immersion complète du visiteur dans ce paradis artificiel. L’architecture demi-sphérique et le dispositif de miroirs occultant la vision des angles repoussent les limites de l’espace virtuel. Le visiteur quitte ainsi la réalité et profite de cette expérience d’immersion unique où tous ses sens sont mis en éveil. Ce jardin virtuel explore avec poésie la question du lien entre nature et artifice. Le jardin se renouvelle et se métamorphose en permanence, enrichi par la musique de Jacopo Baboni Schilingi.
Projetée sur les parois à 360°, l’installation numérique “Trans-Natures” sollicite d’abord le sens de la vue. Après “Sur-Natures” et “Fractal Flowers”, “Trans-Natures” présente une nouvelle génération de plantes et de fleurs artificielles démesurées.

Par cette immersion au cœur de cette architecture demi-sphérique enveloppante, ce monde virtuel reconfigure notre vision du lointain et du proche, ouvre sur l’infini. Les plantes tournoient et s’entrelacent en un mystérieux ballet végétal. La légèreté de leur danse trace les contours d’un jardin, qui comme un microcosme, semble résumer l’évanescence de la beauté et de la vie.

IN – OUT / Paradis Artificiels 2017 – Miguel Chevalier
Musique : Jacopo Baboni Schilingi – Logiciel : Claude Micheli – Production technique : Voxels Productions

26e Edition du Festival International des Jardins

FLOWER POWER – LE POUVOIR DES FLEURS

Domaine régional de Chaumont-sur-Loire
41150 Chaumont-sur-Loire
Du 1 avril 2017 au  2 novembre 2017

www.domaine-chaumont.fr

http://www.miguel-chevalier.com/fr/out-paradis-artificiels

IN - OUT
IN-OUT Paradis Artificiels 2017 – Miguel CHEVALIER

Grâce au soutien de Claire et François Durand-Ruel, Danièle Kapel-Marcovici / Présidente de la Fondation Villa Datris, Brigitte Lescure et Emmanuel d’André, Antoine Wargny / Wargny Assurances, Lélia Mordoch / Galerie Lélia Mordoch – Paris / Miami, Nicolas Gaudelet / Voxels Productions

 

IN - OUT Paradis Articiels
IN-OUT Paradis Artificiels 2017 – Miguel CHEVALIER

Crédit photo : Miguel Chevalier

« Destination » de Chiharu Shiota

vue de l'expo S. Chiota

Après sa remarquable intervention, exceptionnellement blanche, au Bon Marché Rive Gauche à Paris au début de l’année, l’artiste japonaise Chiharu Shiota est de retour à Paris dans les deux espaces de la Galerie Daniel Templon dans ses deux couleurs fétiches le rouge et le noir.

Dans l’espace principal de la galerie règne une installation in situ spectaculaire et immersive. Flotte dans un océan tissé de fils rouges, un immense bateau de 5 mètres dont l’armature de la coque ressemble à un squelette humain. Sommes-nous dans un océan rouge ? Dans un organe qui nous digère ? Dans le ventre d’une mère nourricière avant de naitre ? Dans la toile d’une araignée géante ? Les œuvres de Chiharu Shiota engagent l’implication mentale et corporelle du spectateur. Protéiforme et extrême, sa pratique artistique explore les notions de corps, de temporalité, de mouvement, de mémoire et de rêve.

A cet environnement répondent de grandes peintures tissées, les Skins, renvoyant à des visions tout aussi poétiques et ambigües du corps, de sa surface, de ses réseaux de connexion. C’est la première fois que Chiharu Shiota présente ses tableaux qui ont nécessité un très long travail de recherche et de mise au point avant de voir le jour. Des œuvres complexes et absolument remarquables.

Une nouvelle série de sculptures inédites de fils rouge emprisonnant des objets – robe, arme – complète cette exposition évocatrice des questionnements métaphysiques de l’homme, de ses difficultés à comprendre le monde et des relations complexes entre les êtres.

Vue de l'expo Destination_Galerie Daniel Templon_Paris 2017 (1)

A l’occasion des 500 ans du Havre, Chiharu Shiota présentera également du 27 mai au 8 octobre 2017, Accumulation of Power, une grande installation in situ dans la fameuse Église St. Joseph du Havre – architecte Auguste Perret.

Chiharu Shiota « Destination »
20 mai – 22 juillet, 2017
Galerie TEMPLON  – 30 rue Beaubourg – Paris

http://danieltemplon.com/

La « Grosse Bleue » d’Anita Molinero

La Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico à Paris présente jusqu’au 17 JUIN « La Grosse Bleue » d’Anita Molinero.

vue de l'expo

Anita  Molinero développe depuis les années 80, ses années punk, une œuvre sculpturale extraordinaire conjuguant rebut et altération, faisant se rencontrer des objets et des matériaux de récupération.  Elle choisit d’apporter aux formes la puissance de l’irréversibilité du geste et  pour cela adopte le plastique et une série de matériaux toxiques qu’elle coupe, brûle, lacère, sculpte.

Elle adore travailler le polystyrène, noble produit du raffinage industriel, qui lui rappelle des matériaux  pérennes comme le bronze car on ne s’en débarrasse pas. Personnalité forte,  rebelle dans l’âme, Anita évoque et convoque des sujets comme le prolétariat, les crises (pétrolière et industrielle), un système moral binaire et figé, les institutions universitaires et psychiatriques, cherchant à confronter l’émancipation et la contradiction.

La Grosse Bleue, qui donne son nom à l’exposition, est une œuvre qui vous accueille dès l’entrée. Il s’agit d’une cuve industrielle qu’Anita a découpé, torturé, dont elle a brutalisé les multiples peaux (selon ses mots). L’exposition se poursuit avec une très belle série de tableaux ou bas reliefs, oscillant entre transformation et défiguration. Chacune des œuvres vous invite à plonger dans un univers très aquatique plutôt marin. L’observateur se sent irrésistiblement attiré dans le grand bleu et souhaite s’y perdre. Œuvres hypnotiques.

Croûûûte Criarde saison bleue 1

Dans la suite de l’expo, comme pour nous sortir de cette contemplation, Anita Molinero nous projette vers un autre monde. De la planète « mer » nous voici maintenant transportés sur Mars. Trois œuvres tout aussi attractives que les précédentes.

Anita bouscule nos certitudes, mélangeant fascination et interrogation,  fin et début. Epilogue d’une ère post industrielle et prologue d’une ère exploratoire sous-marine ou spatiale ? Révélant brutalement notre faculté de création et de destruction.

 Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico
13 rue des Arquebusiers – Paris 3e
+33 (0) 175 504 265 http://www.galeriethomasbernard.com

 

Très beau métissage visuel et culturel de Njideka Akunyili Crosby

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Nwantinti – 2012 © Njideka Akunyili Crosby

Les œuvres complexes et multicouches de Njideka Akunyili Crosby reflètent une identité transculturelle contemporaine. Les grandes compositions figuratives de Akunyili Crosby, combinant dessin, peinture, collage sur papier, sont tirées des souvenirs et des expériences de l’artiste.

Elle utilise le langage visuel et les traditions héritées de la peinture occidentale académique et classique, en particulier le portrait et la nature morte. Et ces personnages et les scènes de Akunyili Crosby, occupent une zone liminale, que le théoricien post-coloniale Homi K. Bhabha appelle « le troisième espace », un point de chevauchement, de fusion et de mélange des influences culturelles spécifiques aux communautés de la diaspora.

Akunyili Crosby est né au Nigeria, où elle a vécu jusqu’à l’âge de seize ans. En 1999, elle a déménagé aux États-Unis, où elle vit depuis. Son identité culturelle combine de forts attachements au pays de sa naissance et à son pays d’adoption, une identité hybride qui se reflète dans son travail. L’artiste remplit son travail avec des images de sa famille et de ses amis, dans des scénarios dont les détails sont tirés des expériences nationales de tous les jours au Nigeria et en Amérique. Ceux-ci comprennent des souvenirs des années de formation de son éducation, ainsi que les relations les plus récentes et les expériences. Son travail se caractérise souvent par un élément d’autoportrait, comme dans une série de scènes intimes de l’artiste avec son mari fait dans les premières années de leur mariage.Les compositions picturales de Akunyili Crosby sont complétées et renforcées par des éléments de collage soigneusement choisis et intégrés, principalement des transferts d’acétone de petites images photographiques. Certaines de ces images sont issues des archives de l’artiste, faites de clichés personnels, de magazines et de publicités, tandis que d’autres proviennent d’Internet. Ces éléments présentent une métaphore visuelle convaincante pour les couches de mémoire personnelle et l’histoire culturelle qui informent et rehaussent l’expérience du présent.

njidekaakunyili.com/

Galerie Victoria Miro   : http://www.victoria-miro.com/artists/185-njideka-akunyili-crosby/

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Chad Wys revisite l’art

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©Chad Wys

L’artiste américain Chad Wys  né dans l’Illinois en 1983, s’intéresse très jeune à des livres consacrés à la peinture du 19e et 20e siècle qu’il  préfère a ses jouets.

A l’université d’État de l’Illinois où il étudie les arts, il a développé un intérêt particulier pour l’art contemporain et particulièrement pour le conceptualisme et les mouvements comme le dadaïsme et le minimalisme et la pensée postmoderne. Son travail interroge la perception des images et des objets, ainsi que leurs mises en scène et leurs reproductions qui influencent nos expériences quotidiennes. Marcel Duchamp, Man Ray et les autres dadaïstes, ainsi que les photographes des années 1980 et des artistes comme Sherrie Levine et Richard Prince, influencent stylistiquement et intellectuellement ses œuvres.

C’est à travers l’appropriation qu’il trouve la ligne directrice de sa démarche artistique. La révolution industrielle et la prolifération à une échelle énorme des reproductions mécaniques, mais aussi l’ère digitale des reproductions numériquement maintenant transmises instantanément et sans fin. En tant qu’observateurs, il nous invite à la vigilance et de faire la distinction entre l’esthétique et le contexte, la forme et la fonction, et la représentation des ressemblances et la dissociation de référents.

Grâce à une approche pluridisciplinaire et multimédium, il cherche à brouiller les frontières entre le matériel et le numérique, à fusionner et à expérimenter pour engager le spectateur dans un examen plus élaboré de l’information visuelle. Grâce à la récupération et la manipulation de ces objets, il a l’intention d’élaborer une conversation entre l’observateur et la reproduction dans son état « initial », il signifie et souligne que nos possessions peuvent nous manipuler. Mis à part une interrogation de l’art et de son histoire, son travail est aussi une expérimentation dans la composition, la couleur et la forme.

http://chadwys.com/

Daniel Buren habille le Fondation Louis Vuitton

Hier, je suis allé visiter l’exposition « Bentu » à la Fondation Louis Vuitton et quelle ne fut pas ma surprise  : les voiles de ce magnifique paquebot dédié à l’art contemporain se paraient de belles couleurs. Au commande de ce projet, le génial Daniel Buren dont nous pouvons reconnaître la signature avec les quelques facettes à rayures.

La mise en couleur de ces voiles se termine prochainement et donne au bâtiment de Frank Gehry des allures majestueuses. On regrette presque que cela ne soit pas définitif tellement le dialogue est évident

Le Cercle Photononstop

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une opération 360°
  • Contexte : En 2011, dans un environnement concurrentiel en pleine mutation, il s’agissait de redonner un positionnement à la marque Photononstop. Outre les outils traditionnels de communication déployés à l’attention de l’ensemble des clients, il a été décidé la Création d’un Cercle VIP : un mini réseau autour de l’art contemporain.Le CERCLE avait pour vocation d’offrir aux clients à fort pouvoir de prescription ou influents, un espace de proximité, un lien particulier et privilégié dans un esprit Club, en partageant les expositions d’art contemporain majeures et répondre mieux au positionnement de proximité et de créativité que recherche Photononstop.
  • Le principe : une invitation chaque mois à une expo majeure à Paris (accueil privilégié et visites guidées). 2 fois par an, une privatisation d’une expo avec traiteur. Un blog a été créé comme fil conducteur. Ce portail est un lieu d’échanges et de partage de coups de cœur ou d’actualité consacré à l’art contemporain
  • Les moyens déployés : Création d’une identité visuelle: logo, blog… brief créatif, web agency, traiteurs, partenaires, institutions culturelles, rédacteurs, réseaux sociaux, e-mailing, newsletter…
  • Résultats : augmentation de la notoriété, augmentation de l’image de marque, augmentation du nombre de consultations et du CA. Les membres sont devenus prescripteurs du Cercle et de Photononstop, augmentation du nombre de membres.
  • Evaluation : conduite projet 360, expérience complète car pluridisciplinaire : événementiel, création de contenu, web, identité de marque, rythme mensuel…Evénement très attendu, reconnaissance importante des membres.

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