Aurélie Dupont sublimée par Hiroshi Sugimoto

breathing

Proposée sur la 3e scène de l’Opéra de Paris, une nouvelle vidéo présente une Aurélie Dupont plus zen que jamais sous la caméra de Hiroshi Sugimoto

3e scène de l’Opéra de Paris : https://www.operadeparis.fr/3e-scene

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Baptiste Rabichon expose “A l’intérieur cet été”

17mBaptiste Rabichon nous embarque dans un conte d’été au beau milieu de l’hiver parisien à la galerie Paris-Beijing.

“A l’intérieur cet été” prolonge sa série “Dame de Coeur” présentée en mars 2018, en référence à la reine de Lewis Carroll, et parsème à son tour une multitude de clins d’œil au personnage d’Alice au pays des merveilles.

Baptiste_Rabichon_Netflix

L’exposition est introduite par deux nouvelles pièces qui n’ont rien à voir avec la série 17eme qui représente la colonne vertébrale du voyage proposé par Baptiste Rabichon. Révélant d’une certaine manière la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle forme narrative, l’œuvre qui nous accueille intitulée Netflix recèle déjà tous les éléments d’une narration beaucoup plus intimiste, elle compile des fragments de vie avec une forme de composition plus complexe. Elle se traduit comme une double invitation : celle de l’exposition en cours et celle de susciter déjà le désir pour la prochaine. Le Lunettier, la seconde œuvre à ouvrir l’exposition, est clairement une invitation à changer notre angle de vue et à passer dans une dimension différente comme l’à fait Alice en entrant dans le Pays des merveilles.

Le voyage proposé est dans un monde estival au milieu des fleurs où apparait et disparait le corps d’une femme dénudée. Dans cet éden, nous partageons la taille de cette « Eve » qui a la même échelle que nous. Ici, ce sont les fleurs et les végétaux qui sont géants et créent un couloir trans-dimensionnel composé d’une quinzaine d’œuvres.

Comme un artisan, Baptiste Rabichon compose par couches successives utilisant toutes les techniques anciennes et modernes de la photographie. Comme un alchimiste, il expérimente de nouvelles manières de produire des images, mêlant analogique et numérique, alternant tirages, photogrammes, caches ou projections directes de fleurs naviguant ainsi de la chambre noire à l’écran d’ordinateur. Ce travail qu’il réalise dans le noir absolu implique une grande concentration et laisse, malgré tout, une part au hasard et à l’accident, ce qui confère aux œuvres une dimension fantastique.

Avec ces mille feuilles photographiques, Baptiste Rabichon crée une jungle florale dans laquelle le personnage fait corps avec la nature retrouvant ainsi l’harmonie et sa pleine vitalité. Mais au-delà, les œuvres exposées révèlent une friction entre négatif et positif, entre photographie et peinture et invitent le visiteur dans une odyssée entre réalité et fiction.
Un hymne à la nature, au paradis perdu !

Baptiste Rabichon
A l’intérieur cet été
24 janvier – 02 mars 2019

Galerie Paris-Beijing
62 rue de Turbigo 75003 Paris
http://www.galerieparisbeijing.com

Peter Kim expose à la galerie Imane Farès

davPour sa première exposition personnelle à Paris “SEA OF HUMANITY”, Peter Kim présente un large échantillon de sa pratique artistique avec des peintures, de nombreux croquis qu’il dessine chaque jour, des sculptures, ou encore en vidéo et nous propose de naviguer entre rêve et réalité.

C’est à Marseille, port sur la méditerranée et ville de migration, que naît sa première révélation, la vision infernale des peuples en fuite. La prépondérance de la mer, des gens qui la traversent, et y voyagent. Se détachant de son enseignement académique en Corée, la peinture de Peter Kim devient plus abstraite, mais surtout sérielle. Peter Kim peint non seulement des personnes mais surtout le passage du temps, le passage entre deux espaces, le passage comme allégorie.

Dans l’œuvre de Kim, l’eau est un symbole important.  Comme vecteur de passage, comme élément de liberté, rien ne l’arrête, comme symbole de vie et de fraternité, quatre-vingt pour cent d’eau constitue l’homme. Elle est symbole d’égalité en tant que ressource essentielle pour la survie de l’humanité. Elle représente l’harmonie entre la nature et l’humanité. Malgré son idéalisation l’eau s’avère pourtant objet de malheur, elle peut se déchaîner, tout balayer. Des eaux calmes côtoient des eaux menaçantes sur lesquelles des hommes naviguent, immobiles, emplissent tout l’espace de la galerie Imane Farès.

Ce qui frappe d’emblée c’est le parti pris graphique ; l’homme apparait semblable à la vague, l’eau et les humains se confondent, l’eau permet de faire le lien entre plusieurs univers tout en effaçant les limites et les repères. Les formes humaines qui apparaissent semblent nues,  tout se confond. Est-ce un passage qui est représenté ? Est-ce le débarquement de réfugiés ou de migrants ? Est- une scène de pêche, de récolte d’algues terrestre ? Est-ce un rituel, un baptême, une purification … ? Symboles de nourritures terrestres ou spirituelles.

La frontière est ténue entre la quiétude et le tragique. Les migrants dont le voyage est contraint et volontaire, imprégné de rêves de liberté et de tranquillité, fantasmé et certainement redoutés aussi, doivent nous toucher et nous interpeler, nous toucher dans notre condition de citoyen.

L’exposition présente également une série de sculptures. Combinant des récipients, des contenants assemblés et recouverts d’une bande, comme emmaillotés, ils prennent soudain des allures de sculptures abstraites. Le bol est hyper représenté dans toute l’exposition. Mais est-ce un bol ? Pas seulement. Peter Kim donne un sens plus profond à ses bols : « Le bol permet à chacun de réfléchir sur lui-même. » L’artiste est aussi écrivain, son livre, « Mon Combat », dénonce la technicité du monde détruisant l’humain. La société moderne est le monde du chacun pour soi, il n’y a plus de relations entre les gens. L’artiste nous entraîne dans son monde où le rêve est permanent.

L’exposition se poursuit avec une série de dessins. Il travaille essentiellement le trait et le point de manière répétitive, sans viser l’efficacité de la première perception. Bien au contraire, il tend à révéler ce que le temps, les souvenirs, la mémoire et la contemplation peuvent offrir. Dans les peintures présentées dans l’exposition, les lignes s’enchevêtrent pour ne former qu’une masse dense ayant pour résultat une forme de récipient semblant flotter au milieu de nulle part. Au sous-sol de la galerie, un film sous forme d’un triptyque rappelle beaucoup le travail de l’artiste turc Ali Kazma.

Peter Kim aspire à créer une esthétique plus discrète que l’eau purifierait et qui traduit la volonté de l’artiste de naviguer entre deux cultures antagonistes avec une œuvre qui navigue en permanence entre rêve et réalité.

 

Sea of Humanity, Peter Kim

Jusqu’au 16 février

Galerie Imane Farès

41 rue Mazarine

75006 Paris