Coups de cœur sur Drawing Now. Le dessin s’ouvre à des pratiques plus larges

stand-BackslashUne 12ème édition dense et particulièrement riche de découvertes. Voici une petite sélection de mes coups de cœur qui penchent certes vers des œuvres qui flirtent avec l’art contemporain.

Le travail qui m’a probablement le plus impressionné dans cette édition 2018 est présenté par la Galerie Maubert qui propose des œuvres hallucinantes qui questionnent l’enfermement réalisées par Nicolas Daubanes. Il crée sur des panneaux aimantés, qu’il utilise comme des cartes à gratter, des scènes de vie carcérale qu’il recouvre ensuite de limaille de fer. Cette limaille, qui renvoie aux barreaux sciés des prisons, n’adhère plus au panneau sur les parties grattées et est ainsi libérée laissant apparaitre en négatif la scène. Des œuvres troublantes et percutantes.

La galerie Backslash installée dans la section Process, dédiée aux expérimentations du dessin contemporain, propose une œuvre totale puisque c’est tout le stand qui est transformé en œuvre d’art. L’artiste Xavier Theunis a eu carte blanche pour mettre en scène les travaux de plasticiens, de peintres et de dessinateurs. Un dialogue qui se transforme en symphonie.

La galerie Galerie Escougnou-Cetraro nous propose un solo show du duo Pia Rondé & Fabien Saleil qui pratique un dessin à l’eau-forte sur plaques de zinc, ainsi que des dessins à l’argenture de miroir et peinture sur verre, reprenant des techniques habituellement appliquées à la gravure. Marquées par la soudure, percées par les acides, les plaques assemblées se transforment en bas reliefs à la présence sculpturale. Des œuvres qui troublent notre vision qui semble se dédoubler et font apparaître des jeux d’architecture et  de perspectives.

Cathryn Boch à la galerie Papillon, présente un travail qui sort largement du dessin pour devenir des œuvres en 3D aux allures d’objets organiques. Ces compositions faites de fragments de cartes et de photographies qu’elle tord, étire, plie et brûle sont cousus et brodés de fils qui dessinent des formes énigmatiques et créent des paysages fantastiques.

J’ai beaucoup aimé aussi la série Avalanche de Sophie Bouvier Ausländer présentée par la galerie londonienne Patrick Heide. Sur des cartes géographiques recouvertes de peinture, notre artiste suisse par un jeu de quadrillage, comme le feraient des sauveteurs sur le terrain après une avalanche, et de grattage fait apparaitre ici ou là quelques éléments. Le propos ne contient pas d’anecdote ni d’histoire personnelle mais interroge plutôt la carte en tant que représentation du monde.

Avalanche_Sophie-Bouvier Auslander
Avalanche_Sophie-Bouvier Auslander

La photographie inspire également de nombreux dessinateurs Par exemple, la galerie Sator s’intéresse à l’histoire à partir du travail d’Eric Manigaud qui questionne la notion de vérité en confrontant la pratique du dessin aux sources photographiques et celui de Jean-Marc Cerino qui réactive des archives photo avec des œuvres en brou de noix sur film polyester.

La galerie Particulière rend hommage au cinéma avec les œuvres de Mathieu Dufois.

Le monde est un théâtre et Mathieu Dufois a choisi d’en rendre compte à partir de toute une production de dessins inspirés de films et de photographies passées.

J’ai été agréablement surpris de voir une série de Gérard Fromanger qui nous gratifie d’une toute nouvelle production en reproduisant des portraits hyper célèbres d’artistes tout aussi célèbres : Basquiat, Picasso, Delacroix, Giacometti… présentée par la galerie Caroline Smulders. Fidèle à son tracé de lignes et l’enchevêtrement de courbes, il donne naissance aux visages et corps des artistes qui font partie de son panthéon.

Enfin, la galerie Claire Gastaud présente deux polyptiques d’Alain Josseau qui dissèque les images de cinéma, de presse, en les réinterprétant. Deux œuvres magistrales sont présentées, l’une Mossul vs Bull Run constituée de 15 tableaux, met en confrontation plusieurs visions de la guerre spectacle, l’autre réalisée spécialement pour Drawing Now Time-surface autour du film « I comme Icare » compile en une seule image le déroulement du film.

L’ensemble exposé est important il y a de nombreuses autres œuvres qui ont un intérêt particulier celles de Pedro Barateiro (galeriaFilomena Soares), de Janko Domsic (Christian Berts art brut),  de Jan Voss (Galerie Lelong&co), d’Eric Lambé (galerie Martel),  de Lenny Rébéré (galerie Isabelle Gounod)…

Une belle édition !

INFORMATIONS PRATIQUES
Drawig Now Art Fair
Du 22 au 25 mars 2018
La carreau du Temple
4rue Eugène Spuller
75003 Paris
http://drawingnowparis.com

 

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