Des géants chez Kamel Mennour

“Cholet-New York. François Morellet with Ellsworth Kelly, Sol LeWitt, Fred Sandback & Frank Stella” jusqu’au 17 juin.
curated by Béatrice Gross, 47 rue Saint-André des arts & 6 rue du Pont de Lodi, Paris 6
Video of the exhibition

 

kamel mennour (47 rue Saint-André des arts & 6 rue du Pont de Lodi, Paris 6), Paris

Directed by Erwann Lameignère

Image: Philippe Ayme

Music by Jérôme Plasseraud. Courtesy the artist

Production: Collectif Combo for kamel mennour, Paris/London

© Ellsworth Kelly

© Sol LeWitt / ADAGP, Paris, 2017

© ADAGP François Morellet

© Fred Sandback

© Frank Stella / ADAGP, Paris, 2017

Courtesy Studio Morellet; the artists; Collection Béatrice Conrad-Eybesfeld; Collection Lélia Mordoch et José Mijan, Paris; Collection Morellet; Collection Myriam et Jacques Salomon, Paris; Collections privées; Collection Fond régional d’art contemporain Bretagne; Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul – France; Lévy Gorvy Gallery, New York; kamel mennour, Paris/London; Pace, New York

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La « Grosse Bleue » d’Anita Molinero

La Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico à Paris présente jusqu’au 17 JUIN « La Grosse Bleue » d’Anita Molinero.

vue de l'expo

Anita  Molinero développe depuis les années 80, ses années punk, une œuvre sculpturale extraordinaire conjuguant rebut et altération, faisant se rencontrer des objets et des matériaux de récupération.  Elle choisit d’apporter aux formes la puissance de l’irréversibilité du geste et  pour cela adopte le plastique et une série de matériaux toxiques qu’elle coupe, brûle, lacère, sculpte.

Elle adore travailler le polystyrène, noble produit du raffinage industriel, qui lui rappelle des matériaux  pérennes comme le bronze car on ne s’en débarrasse pas. Personnalité forte,  rebelle dans l’âme, Anita évoque et convoque des sujets comme le prolétariat, les crises (pétrolière et industrielle), un système moral binaire et figé, les institutions universitaires et psychiatriques, cherchant à confronter l’émancipation et la contradiction.

La Grosse Bleue, qui donne son nom à l’exposition, est une œuvre qui vous accueille dès l’entrée. Il s’agit d’une cuve industrielle qu’Anita a découpé, torturé, dont elle a brutalisé les multiples peaux (selon ses mots). L’exposition se poursuit avec une très belle série de tableaux ou bas reliefs, oscillant entre transformation et défiguration. Chacune des œuvres vous invite à plonger dans un univers très aquatique plutôt marin. L’observateur se sent irrésistiblement attiré dans le grand bleu et souhaite s’y perdre. Œuvres hypnotiques.

Croûûûte Criarde saison bleue 1

Dans la suite de l’expo, comme pour nous sortir de cette contemplation, Anita Molinero nous projette vers un autre monde. De la planète « mer » nous voici maintenant transportés sur Mars. Trois œuvres tout aussi attractives que les précédentes.

Anita bouscule nos certitudes, mélangeant fascination et interrogation,  fin et début. Epilogue d’une ère post industrielle et prologue d’une ère exploratoire sous-marine ou spatiale ? Révélant brutalement notre faculté de création et de destruction.

 Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico
13 rue des Arquebusiers – Paris 3e
+33 (0) 175 504 265 http://www.galeriethomasbernard.com

 

Pat H. fait sa BA13

Très influencé par le monde de l’architecture, Pat H. réalise une série de bas relief à partir de placoplatre BA13, la matière la plus fragile et la insignifiante du monde du bâtiment.

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Dans cette série d’une vingtaine de bas-reliefs, Pat H. rend hommage à l’un des matériaux les plus fragiles et les plus basiques de la construction, le BA13. Mais précieux pour nous tous puisqu’il habille nos intérieurs. Il rend surtout hommage à tous ces travailleurs, souvent issus de l’émigration, souvent seuls et loin de chez eux et trop souvent exploités.

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série BA13 ©Pat H.

Reprenant le geste de découpe du placo pratiqué par les artisans du bâtiment, il découpe des petits morceaux de BA13 comme les mosaïstes découpent leurs tesselles. Puis il les assemble, créant ainsi des bas-reliefs graphiques sur fond uni. Ces constructions géométriques s’inscrivent dans le mouvement de l’art cinétique et prennent des allures différentes selon la position du regardant. Ses compositions  jouent sans cesse avec la matière du plâtre brut, de la peinture et de la lumière.

Ces petits morceaux de placo ainsi soudés entre-eux semblent devenir plus forts moins vulnérables, l’union faisant le force. Probablement une métaphore de ce que représente l’ensemble des « petites mains » utilisées dans le monde de la construction. Paradoxe de ce secteur d’activité, puisque qu’il produit certaines des plus grandes fortunes de ce monde et qu’il reste un des derniers bastions d’une forme d’esclavagisme.

série BA13-totemN°1